Les premiers enjeux territoriaux

Le Schéma de Cohérence Territoriale du Cœur d’Hérault est un document d’urbanisme porté par le SYDEL DU PAYS CŒUR D’HERAULT. Le SYDEL DU PAYS CŒUR D’HERAULT est un territoire rural aux influences péri-urbaines marquées, mis en tension par de nouvelles proximités, depuis l’ouverture de l’A75 vers Béziers (35 mn) et de l’A750 vers Montpellier (25 mn).

 

Le SCoT est une compétence du SYDEL DU PAYS CŒUR D’HERAULT, mais ne recouvre pas l’ensemble de son périmètre d’action. En effet, 2 Communautés de communes sur 3 adhérents à la compétence SCoT. Ces 2 communautés se localisent au sud du territoire du Pays. Ainsi, le territoire du SCoT représente 49 communes pour 61 006 habitants en 2012.

La répartition démographique est la suivante   :

  •  Communauté de Communes de la Vallée de l’Hérault (28 communes, pour 34 917 habitants) ;
  • Communauté de Communes du Clermontais (21 communes, pour 26 089 habitants) ;

Le territoire du SCoT d’une structure multipolaire se compose des bourgs centre suivants :

  • Clermont l’Hérault (8 221 habitants) ;
  • Gignac (5 654 habitants) ;
  • Saint André de Sangonis (5 586 habitants).

Les paysages composant le SCoT Coeur d’Hérault présentent une grande richesse, une identité aux multiples facettes. Sa grande superficie (72 200 ha), la diversité des éléments naturels structurants différenciées (causse, vallons, puechs, gorges, plaines…) et les différents visages de l’emprise humaine – qui combinent des traits hérités et des empreintes très contemporaines –, engendrent une grande variété d’ambiances paysagères.

Dans l’atlas des paysages du Languedoc-Roussillon réalisé par la DREAL LR, les principaux enjeux paysagers relevés pour le territoire sont les suivants :

  • La valorisation paysagère des grandes plaines ;
  • La maîtrise qualitative de l’urbanisation des villages dans les garrigues et les collines viticoles ;
  • L’organisation paysagère des vallées ;
  • La gestion des espaces boisés et de nature
  • La fermeture des espaces de causses, par le buis sur le Larzac ou par reboisement résineux ;
  • La préservation des paysages des coteaux et des piémonts.

Le cadre paysager général du territoire est d’une grande qualité qui ne vaut pas seulement pour les espaces bénéficiant d’une reconnaissance officielle et d’une protection règlementaire. Intégrer les « paysages quotidiens » dans ce constat, au-delà des périmètres de protections ou d’inventaires environnementaux, est, pour le Pays, un véritable enjeu de développement économique et touristique. Les paysages du quotidien ne doivent pas être des variables d’ajustement des politiques d’aménagement mais une richesse à valoriser (environnementale, agricole, patrimoniale). En effet, le territoire est particulièrement soumis à des pressions extérieures qui l’impactent directement :

  •  Implantation récente d’une infrastructure majeure, l’A75/A750 ;
  • Proximité immédiate de l’agglomération montpelliéraine, en pleine expansion, que ces infrastructures routières ; (A750) ont considérablement rapprochée (attractivité résidentielle du Coeur d’Hérault)
  • Influence des espaces de développement voisins : agglomération biterroise littoral méditerranéen, mais également bassin de Millau.

 

Ces évolutions récentes et toujours en cours ont provoqué une augmentation rapide de la démographie (taux de croissance démographique annuel de +2,4% par an, entre 1999 et 2008), largement induite par des soldes migratoires excédentaires. Ainsi, le territoire connaît des mutations sociales fortes, comme l’afflux de jeunes ménages avec enfants qui influencent les besoins en équipements et services (ex. crèches), mais aussi une population qui tend à vieillir sur certaines communes. Le nombre d’actifs étant plus dynamique que le nombre d’emplois, les déplacements domicile -travail s’accroissent, notamment en direction de Montpellier (+36% entre 2002 et 2010 (CG34)). L’économie présentielle est le secteur le plus dynamique du territoire. Le rythme de construction induit par la démographie est lui aussi très dynamique (864 logements autorisés par an depuis 2001, à 80% en logement individuel).

L’ensemble de ces évolutions engendrent des pressions sur le paysage : pression foncière, étalement urbain, modification des formes urbaines, disparition de terres agricoles et fragilisation accrue des exploitations agricoles (viticulture), nouvelles infrastructures commerciales, …

Entre 1999 et 2007, 170 ha ont été artificialisés dont 128 ha étaient des vignobles. Ces données traduisent la pression résidentielle (pour 58 ha de la surface artificialisée) sur certaines communes au détriment des vocations agricoles mais aussi paysagères de l’espace. Les développements commerciaux et industriels afférents couvrent 31 ha. Des maillages de bourgs ou de villages plus ou moins importants, on est passé aux opérations d’habitats individuels souvent sous forme de lotissements sur des surfaces parcellaires importantes. Il en résulte des étalements résidentiels soit en continuité avec le centre historique ou en discontinuité. Sur certains secteurs un mitage gagne les coteaux. Les morphologies urbaines et villageoises marquent durablement les paysages, un enjeu de continuité environnementale ou agricole est donc posé.


 

La structuration agricole se compose, entre autres, d’un vaste territoire viticole situé principalement au Sud et au centre du Pays. Les Surfaces Agricoles Utiles par commune sont d’une moyenne 550 ha. Une reconversion qualitative a resserré la surface viticole mais l’arrachage et l’abandon de parcelles sont aussi très importants.

Ceux-ci se situent surtout dans les secteurs de mutations foncières fortes, à proximité par exemple de l’A750/A75. Corollaire au développement des friches viticoles, on observe aussi une fermeture des milieux (perte de biodiversité, augmentation des risques d’incendies…). Une partie de l’activité économique du Coeur d’Hérault s’appuie sur le paysage, comme marque d’identité et cadre de vie : destination touristique ou oenotouristique (641 800 visiteurs en 2012 sur les sites et musées), produits du terroir, installation de nouveaux habitants... Dés lors, le paysage est aussi un enjeu de développement économique, ce qui implique des démarches de préservation et de valorisation de la part des acteurs locaux.

Dans la Charte de Pays, les enjeux actualisés se centrent fortement sur les problématiques d’urbanisation et d’urbanisme mais aussi de paysages : « éviter la banalisations des paysages naturels et urbains (« non à un urbanisme de murs et de pantoufles) », renouveler la ville sur elle-même comme remède à la péri-urbanisation, mettre en débat les questions d’urbanisme, mettre le patrimoine au coeur de l’urbanisme, définir une identité de territoire ».

Il s’agit par exemple de la préservation des plaines viticoles, de la qualité paysagère et environnementale des exploitations ; mais encore de la qualité des abords de parcelles : murets en pierre, arbres isolés, haies, ou du maintien et de l’entretien des friches pour la mosaïque paysagère, travail de parcelles en bord de rivière. Il s’agit encore de la résorption de points noirs aux bords des villages et aux entrées de villes, de la trame entre villages et vignes, …